OLIVIER

 

Les noms que nous avons rencontrés il y a 15 jours étaient les suivants :

 

1-ASSINGUE aussi orthographié ASSING, nom d’origine chinoise arrivé à la Réunion vers 1874 quand Atipeed ASSING un chinois ayant immigré dans l’île épousa à St Joseph Marie Antoinette HOAREAU. Notons aussi la présence 20 ans plus tôt du chinois AH SING marié à St Denis avec une créole Elise FRÉMONT.

 

2- Les ADAM peuvent descendre soit 1° du pirate hollandais ADAM JAMS dont le prénom est devenu plus tard un  nom de famille 2° ADAM de Métropole et même de Maurice ou alors 3° le prénom d’un esclave comme ce fut le cas d’ADAM malgache de 48 ans affranchi en 1841. Seule la recherche généalogique approfondie peut permettre de déterminer la réalité de son origine.

 

3- Alidor LAPINSONNIÈRE est le 1er du nom apparu lors de son mariage à St Pierre en 1859 fils de Delle Thasie ou Anastasie une ancienne esclave. Le nom a sans doute été forgé à la suite de l’abolition de l’esclavage.

 

4- MOUTA est le patronyme (nom de famille) d’un indien engagé venu à la Réunion et qui s’est marié en 1856 à Eléonore Dorlea CONSTANT. On retrouve aussi d’autres formes comme MOUTALOU, MOUTAMA, MOUTAL, MOUTANIN, MOUTAPIN.

 

5- Isidor VAULRY est le 1er du nom à la Réunion, fils d’une esclave Scholastique, il épousa en 1856 à St Pierre une demoiselle ROCA.

 

6- Les JAGLALE  descendent d’un certain Joseph JIPOL JAGLAL marié en 1877 à Ste Suzanne avec une créole Henriette SOUSSE, fille d’engagés indiens. Il me semble que ce nom Jaglale peut être un nom indien écrit comme il se prononce et que l’on retrouve à Maurice sous la forme de JUGLOLL.  Il est à noter que les SOUSSE ont épousé DORESSAMY, JOHARANE (bengali), DEVASSAYAGOM, VAITILINGOM MOUDÉLY et RAMASSAMY donc des indiens tamouls ou non.

 

7- ALEF est un patronyme d’affranchi qui apparaît avec les enfants de Marie et Denise ALEF. Cette dernière est mère de nombreux enfants qui font souche à la Possession et St Paul puis essaiment vers le Nord.

 

8- SÉRAPHIN est le nom d’un ancien esclave de la famille de VILLÈLE, l’un des fils de Séraphin, Gustave créole commandeur une fois affranchi fut nommé garde champêtre particulier par arrêté du 24.10.1848. Il reçut le prénom de Gustave. Il épousa une SORÈZE affranchie de 1848. Certains SÉRAPHIN descendent d’une Julie esclave mariée à un Séraphin.

 

Je voudrais aujourd’hui faire un petit coucou aux cousins du Cirque de Salazie les COLOGON, MAILLOT, BOYER, ARMAND et aussi les OLIVIER.

 

J’ai choisi ce patronyme en pensant particulièrement à Léo OLIVIER un contemporain de mon grand père qui avait fait la 2ème Guerre et qui aimait raconter des anecdotes du temps où il avait été défendre la patrie.

 

Les OLIVIER de Salazie sont les descendants d’un couple dont la vie a dû être un roman.

 

En effet commençons par Tonie fille d’un couple d’esclaves Olivier et de Victoire, affranchie en 1844 par Adrien POTIGNY un gros propriétaire blanc. Elle a eu un  fils Thomy vers 1828 et fut vraisemblablement affranchi vers la même époque et prit le nom de OLIVIER  Il était selon une description retrouvée de lui, de couleur rouge, aux cheveux châtains tandis que sa mère était brune claire aux cheveux crépus noirs. Cela laisse dont supposer le métissage et le blanchiment.

 

Selon Fanie OLIVIER PLANTE leur petite-fille que j’ai eu la chance de connaître, Thomy OLIVIER surnommé RAMPONNEAU était lui aussi le fils d’un grand blanc. Thomy OLIVIER qui vit à Salazie dans les années 1850 tombe amoureux d’ Estelle LEFEBVRE de CHANTERAINE  la fille d’un grand blanc. Elle a pour proches cousins  : les PIGNOLET de FRESNES, CAMPENON, LAGOURGUE, DIORÉ, VABOIS, MÉZIAIRES de LÉPERVANCHE. Vous pouvez imaginer le scandale de l’époque quand en plus Estelle met au monde un enfant, puis un autre et un 3ème avant finalement de pouvoir épouser en 1862 avec son élu. Ils auront au moins 7 enfants.

 

Les enfants de ce couple auront une descendance prolifique, car outre les OLIVIER, on trouve aujourd’hui des centaines de descendants aux noms aussi variés que PLANTE, DENNEMONT, HOAREAU, COLOGON, VIDOT, LUCILLY, MORIN, DUPONT, SINARETTY.

 

Le couple OLIVIER vécut près de 58 années de vie commune. Thomy OLIVIER mourut le 1er  en 1911.  Fanie OLIVIER leur petite fille avait alors 14 ans. A l’époque, il fallait attendre 1 an et 1 jour avant de pouvoir rouvrir une tombe. Estelle LEFEBVRE de CHANTERAINE  attendit 1 an et 4 jours avant de partir rejoindre l’homme de sa vie.

 

Patrick ONÉZIME-LAUDE 1.04.2007