PATRONYMES VENUS DE BRETAGNE

 

 

      Bienvenus à tous sur RFO. Pour nos auditeurs de la semaine dernière, voici quelques éléments de réponses.

 

      KLORE est un patronyme apparu en 1849. Il a été donné à deux jeunes hommes affranchis au moment de l’abolition de l’esclavage : Bernard et Henri fils d’une ancienne esclave. Ils ont épousé une RICHER et une REBLET et ont fait principalement souche dans le sud de notre île.

    

     SAKALÈZE avec C ou K est un nom très rare à la Réunion et ne date pas de plus de 130 ans. Il y a de fortes chances que ce soit un patronyme à consonance malgache et la 1ère à le porter fut Marie SAKALÈZE qui fut mère d’un garçon à St Benoît en 1875 et d’une petite Anaïs en 1883 à St Pierre.

 

     Le patronyme GROZ est essentiellement localisé sur la région Possession et Saint-Paul.
Le plus lointain GROZ connu est Joseph marié avant 1848 avec Elizabeth SORGEL (c’est LEGROS à l’envers) une affranchie de 1843.

 

OROSMANE est un patronyme d’origine malgache. Il était sur le vaisseau l’Espoir le 19 octobre 1820 qui transportait comme esclaves de façon illégale près de 200 jeunes malgaches. Sur le même bateau, se trouvait mon ancêtre Aurore. Il fut affranchi en 1841. Il épousa Godebelle et ce nom s’est répandu à Saint-Paul où nous le retrouvons encore aujourd’hui.

 

Aujourd’hui j’ai choisi des patronymes typiques de Bretagne que nous retrouvons depuis près de 300 ans dans notre île. KERBIDI nous vient de la Bretagne bretonnante, plus précisément du Finistère.

 

Le 1er KERBIDI semble avoir eu un nom qui a bien évolué puisque nous le retrouvons à l’ Ile de France dès avant 1730 . En effet Jean-Baptiste KERBIDIE ou KERBUDICH arrive à l’ Ile de France comme soldat de la Compagnie des Indes avec sa femme Magdeleine LAGADEC.

 

Très vite ils viennent s’établir  à Bourbon où Mme K/ BIDIE meurt en 1732 après avoir perdu un bébé.

On ignore quand et où disparut Jean-Baptiste KERBIDIE mais son fils Jean-Louis natif de Quimperlé sera l’ancêtre des KERBIDIE de la Réunion.

 

Il épouse en 1748 une jeune affranchie Marcelline qui a 15 ans, élevée par un couple franco malgache qui l’avait adoptée.

 

Le couple attendit 20 ans avant d’avoir son 1er enfant. Six enfants leur naquirent entre 1768 et 1774.

Les KERBIDIE d’aujourd’hui descendent en fait des trois filles : Marie, Marie Elisabeth, et surtout Marie Magdeleine qui a eu 7 enfants naturels de Pierre THOMSON, les 4 premiers reconnus et adoptés par lui en 1797 ce qui fait que logiquement, ils auraient dû porter le nom de THOMSON, nom venu d’Ecosse il y a 263 ans de cela.

Pourtant les garçons continuèrent étrangement à s’appeler KERBIDI.

 

Les KERBIDI allèrent s’installer aux Iles Seychelles après la période anglaise que connut notre île et Henry Colin et sa femme Célisse MOUCHETTE y eurent 9 enfants entre 1815 et 1828, avant de revenir à Bourbon où naquirent les triplées Rose, Rosalie et Rosine en 1830 et enfin dernier fils en 1833.

Le nom de KERBIDI s’écrit de diverses façons : KERBIDI, KERBIDY, K / BIDI ou K / BIDY.

 

Parmi les noms bretons en KER, notons à la Réunion, les LE COAT de KERVEGUEN, LE VIGOUREUX de KERMORVANT, les KEROURIO, KEROTRET, KERGRAIN, KERANVAL-AIME, K/ENLAND GAULETTE , KERFURIE, les CHAPELIN de KEREAR, COETNEMPREN de KERSAINT, FURIC de KEREMPRUN,