Un allemand à Bourbon : Wilhelm LEICHNIG

 

Avant de vous présenter le nom du jour, je voudrais donner à la famille DECOTTEAU l’information suivante : ce nom de famille ne figure pas dans nos bases tant papier qu’ informatique. En effet la base de l’Evêché de 1858-1909 ne porte aucune mention de ce nom, ni même les relevés DUBARD ou NOURIGAT. Par contre l’on pourrait penser que ce la puisse provenir de la déformation du nom DEGOUTHO que l’on retrouve sur la région de Ste Rose et dont le 1er fut Charles DEGOUTTO  né en Afrique et marié à 32 ans en 1852 à une affranchie créole Olivette Phébronne. Le couple légitima 4 enfants âgés de 2 à 16 ans.

 

150,200 ou 300 ans après à la Réunion on ignore souvent que nos noms s’ils sont français aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été dans le passé.

 

Les noms d’origine allemande sont peu nombreux à la Réunion. Hormis celui de WILMANN qui a donné les WELMANT il y a celui de  LEICHNIG aussi prononcé LEKNIK que l’on retrouve encore, particulièrement dans le Sud à Petite-Ile, Saint-Joseph, Saint-Philippe.

 

Le 1er du nom  WILHELM LEICHNIG né à Cologne en Rhénanie Palatinat vers 1697, fils de Ruth LEICHNIG et de Christina Salomé HEITZMAN a quitté son pays vers 1719-1720 pour aller à l’aventure. Il s’établit à l’ Ile Maurice où les Hollandais commençaient déjà à lever l’ancre et habita le centre de l’ Ile où il a d’ailleurs laissé  à une région son prénom les fameuses Plaines Wilhems, y gardant quelques hectares de terres.

 

Wilhelm LEICHNIG a dû certainement faire de nombreux voyages entre Bourbon déjà peuplée depuis 60 années et l’Île Sœur. Il épousa à St Paul en 1732  à 34 ans une jeune créole de 13 ans Pélagie LEBON, fille du 1er LEBON venu dans l’Océan Indien et de Jeanne LÉPINAY elle même fille du 1er du nom et d’une quarteronne Marie Anne LAURET fille du 1er LAURET et d’une indienne portugaise Félicie VINCENTE native de Damao colonie portugaise dans la région de Surate dans le Gujerat indien.

 

On voit ainsi comment le sang indien ou malgache du début de la colonisation se dilue petit à petit dans les veines de nos créoles du 18ème  et du 19ème siècles.

 

Le couple LEICHNIG-LEBON s’établit par la suite à Saint-Pierre à l’époque de l’expansion du Sud sous le commandement de Gabriel DEJEAN alors que MAHÉ de LABOURDONNAIS gouverneur général des Iles de France et de Bourbon les réorganisait.

 

Wilhelm LEICHNIG n’eut pas moins de 12 enfants en 25 ans de mariage, 5 fils et 7 filles qui se marièrent avec des gens de la grande bourgeoisie comme le 1er DUREAU de VAULCOMTE, un DÉCHAUD de la BORDERIE, un GUYNOT de LA VILLOSANNE, un DUMESTRE, un LAHAYE officier des vaisseaux de la Compagnie dont la fille épousa le 1er PEYRE LESCURE. De nombreuses alliances eurent lieu avec les familles CADET, CADET DUROCHER, HOARAU, DENNEMONT et NATIVEL…

Il semblerait qu’une branche des LEICHNIG se soit par la suite réinstallée à l’Ile de France donnant les LECKNING encore présents à l’ heure actuelle.

 

Le nom de LEICHNIG de la Réunion n’a trop évolué dans les registres hormis la graphie LEICHENIG qui est la prononciation du nom tel qu’il s’écrit.

 

Parmi les milliers de descendants de Wilhelm LEICHNIG qui mourut à St Pierre en 1771, citons des personnalités comme Emile HUGOT un des plus éminents industriels du monde de la Canne à sucre, Hervé LE COAT de KERVÉGUEN dont la jeune épouse Adèle FERRAND a laissé des dessins des peintures parfois exposés au Musée Léon Dierx, deux maires de St Denis Denis Godefroy DUTERTRE LECOQ et Julius CADET, un maire de Saint-Leu Jean Antoine RÉTOUT, un maire de Saint-Pierre Félix FRAPPIER de MONTBENOIST, Etienne DUREAU de VAULCOMTE Juge à la Cour d’Appel, Henry Laurent Boisjoly POTIER, Charles BROWN-SÉQUARD le père de l’ urologie moderne. Enfin Mgr Gilbert AUBRY notre évêque.

 

 

Pour RFO Patrick ONÉZIME-LAUDE