J’ai trouvé une description d’un camp dans  l’Album de ROUSSIN 

"...Chaque établissement de sucrerie se divise, par suite, en trois parties distinctes : la maison du Maître, ou Grande -Case, les bâtiments d'exploitation, enfin le Camp des engagés. C’est de cette dernière seulement que nous voulons nous occuper aujourd’hui : pénétrons y donc, sans plus tarder,   et nous trouverons probablement à faire  quelques études intéressantes.
Le Camp se compose le plus souvent d’une large rue , des deux côtés de laquelle s’alignent à peu près régulièrement les cases construites en torchis ou même en paille, et recouverte de vétiver. Elles ont de trois à quatre mètres carrés ; .cependant, il y en a toujours quelques une d’une longueur triple ou quadruple,  occupées en commun par plusieurs célibataires, race nombreuse dans les bandes d’engagés, où les femmes ne sont guère admises que dans la proportion d’un dixième.
Si l’atelier est considérable, d’autres rues transversales coupent la première et enfin on trouve en s’éloignant du centre quelques maisonnette isolées : ce sont le plus souvent celles des ménages créoles qui, pour se soustraire aux inconvénients de la communauté, se sont retirés sur les limites de l’enceinte, position dont ils profitent pour cultiver un petit jardin et élever quelques animaux qu’ils logent autour d’eux. Somme toute, le camp, sur une habitation bien tenue, n’offre à la vue rien de désagréable ; des arbres, des bananiers touffus, souvent un ruisseau qui traverse, les tiges de différents légumes se suspendant aux perches des toitures, donnent à cette réunion de cabanes une apparence assez riante, et qui ne rappelle en rien l’aspect misérable de certains hameaux dans les campagnes de France. Le mobilier de chaque logement varie suivant l’ordre ou le goût de celui qui l’occupe : les uns, regardant le luxe et le confort comme superflu, se contentent d’une natte en paille, vulgairement nommée saisie, sur laquelle ils dorment à terre, et d’une marmite unique, servant, à la fois, à cuire le riz et à le manger.
D’autres ont un rudiment de ménage : un coffre, un cadre (1) garni d’une paillasse, un tabouret en bois.
Enfin, il y a des cases qui représentent un véritable petit appartement : le lit se cache derrière un rideau, la table a ses vases à fleurs et sa glace dorée ; une armoire, des chaises, quelques images encadrées, une batterie de cuisine suffisante, prouvent que les travailleurs auxquels elle est échue en partage, sentent le charme d’un intérieur propre et coquet. »…

(1) Cadre en bois à peine dégrossi porté sur des pieds courts et dont le fonds est formé de cordes entrecroisées 

LA CASE DU NOIR - P. de Monforand - Album de l’Ile la Réunion
Régine CRASSON de BALBINE adh. n°1705


ÉMIGRATION


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